Avec le FIDA, le lait de vache se revitalise à BUBANZA

Le 09 décembre 2020, une unité de valorisation et de transformation du lait ouvre ses portes aux tout premiers visiteurs. La mini laiterie de Gihanga fut conçue sous l’appui technique et financier du Programme National pour la Sécurité Alimentaire et le Développement Rural de l’Imbo et du Moso (PNSADR-IM) pour un montant de 750 millions de francs burundais. Ce programme du Gouvernement du Burundi  est appuyé par le Fonds International de Développement Agricole (FIDA).

 

La mini laiterie de Gihanga se trouve tout près des bureaux de ladite commune. C’est là que certains cadres du PNSADR-IM trouvent refuge sous un soleil ardent, en attendant le Gouverneur pour effectuer une visite des locaux.

Les membres du comité de gestion de la mini laiterie s’activent pour accueillir une délégation conduite par le gouverneur de la province Bubanza. L’administrateur de la commune Gihanga, le coordonnateur du PNSADR-IM, les cadres du PNSADR-IM, les industriels laitiers, les éleveurs et les collecteurs sont présents.

Pour la petite histoire, le lait de Gihanga était la prisée des habitants des localités environnantes jusque dans les confins des cités de Bujumbura dans les années 1980. Les jeunes citadins non-initiés avaient en mémoire que le lait provient des vélos qui le transportaient. Dans les années 1990, seule la laiterie centrale est à mesure de produire du lait entier, de bonne qualité et à bon prix. Elle n’est plus.

Un quart de siècle plus tard

La Société de Gestion de la Mini-laiterie (SOGEMI) de Gihanga, fait renaitre le lait en « sachets ». Elle est composée de la coopérative des éleveurs « GWIZUMWIMBU WAMATA », des collecteurs regroupés en association et des industriels laitiers (ActivaBio, Mpa Amata et Abahizi Business Company). Dans son mot de circonstance, Cléophas Nizigiyimana, gouverneur de la province Bubanza, a remercié le FIDA et salué l’initiative de mettre sur pied la SOGEMI-Gihanga. « Normalement, dans le commun des Burundais, le travail est strictement individuel et à titre personnel. La mise en place de la SOGEMI-Gihanga vient démystifier cette pensée collective qui freine le développement de la population des zones rurales. Je vous exhorte donc à prendre soin de cette infrastructure et ces équipements si précieux à notre commune, et par ricochet à notre province. » indique M. Nizigiyimana à la petite foule de gens venue lui tendre l’oreille. « Nous reviendrons pour l’ouverture officielle de la mini-laiterie, en grandes pompes. Ceci n’est qu’un avant-goût. » conclut-il son propos.

Et au coordonnateur du PNSADR-IM, M. Damase NTIRANYIBAGIRA, de préciser que « le travail qui est abattu ici n’est pas seulement dédié au PNSADR-IM. C’est plutôt un travail qui fait la fierté de la Coopérative, de la commune Gihanga et de toute la province Bubanza. Je demanderais surtout à l’administration de la commune Gihanga de faire sienne cette mini laiterie et de l’aligner parmi les réalisations de la commune dans la lutte contre la pauvreté et la faim. »

Des éleveurs ravis

La coopérative des éleveurs de la commune Gihanga est la principale actionnaire avec 1.020 actions sur 2.000 actions de la SOGEMI. La présidente de l’association fait savoir que le moment venu (de l’ouverture officielle), les cérémonies seront à la hauteur de la grande satisfaction des éleveurs de bovins, des habitants de Gihanga et ses environs qui vont, à partir de ce jour-là, démarrer les activités de la mini-laiterie en bon et due forme. La mini laiterie a deux tanks d’une capacité de 1.000 litres chacun. Les produits laitiers qui y seront fabriqués sont le yaourt, le fromage et le lait pasteurisé.

Le PNSADR-IM est mis en œuvre dans les plaines des provinces de Bubanza, Bujumbura et Cibitoke pour la région de l’Imbo et dans les dépressions du Moso dans les provinces Rutana et Ruyigi. Il a démarré en 2015 pour une durée de six ans.