Le transfert des génisses se fait sans rancœur

En respect des principes de transfert de veaux via la chaîne de solidarité communautaire bovine, 11 veaux sont remis mercredi 25 juillet par des bénéficiaires des vaches de la 2eme promotion à ceux de la 3eme. L’ambiance est festive au flanc de la colline Gisagara en commune et province Ngozi où s’effectue le cérémonial du transfert. La main qui reçoit et celle qui donne se serrent gaiment pour sceller une nouvelle relation sociale.

 

 

 

«C’est un jour pas comme les autres pour moi», avoue Egide Ndayikeze, 24ans, bénéficiaire. « Mes sentiments de gratitude vont au PRODEFI et à la famille Sévérin Masabo », poursuit-il. M. Ndayikeze se réjouit de la bonne foi de ce dernier qui «a bien élevé sur 8 mois et gratuitement un veau qu’il savait pour moi». Satisfaction réciproque : M. Masabo se dit ‘’fier d’avoir eu à donner au point d’en être salué à ce point’’. «Nous sommes désormais comme une famille»

Bonaventure Gahungu, qui remet aussi une génisse, parle de son côté d’un soulagement. Il explique qu’il est difficile de nourrir nombre de vaches. Il en avait trois dans son étable. « Maintenant les deux restants vont bien grandir » Et de conclure : « Cette offre va servir à grand-chose dans le bien-être de la famille d’accueil. Je table aussi sur cela car ce n’est que par ce processus que la société pourra évoluer». Il se félicite du bien-être de sa famille grâce à son bétail.

L’administration locale ne tarit pas d’éloges envers le FIDA

Il existe une réelle différence sociale entre un détenteur d’une vache de celui qui n’en dispose pas, note Jeannette Niyingabiye, administrateur de la commune Gitaramuka à Karusi. Pour elle, ceux qui bénéficient des vaches des projets financés par le FIDA remontent de catégorie sociale : « Ils étaient des vulnérables et vous voyez qu’ils ne le sont plus pour le moment », réalise-t-elle avant d’ajouter qu’ils sont d’ailleurs devenus ceux qui relèvent leurs voisins. «Même celui qui n’a pas de vache peut parfois demander et obtenir gratuitement du fumier ou du lait». Ils peuvent de surcroît copier les bonnes pratiques agricoles des exploitations modèles économiquement rentable EMER.

 

Même son de cloche pour Albert Nduwimana, gouverneur de la province de Ngozi. « L’aide en vaches constitue un bon projet pour l’avenir des Burundais ». Et d’exhorter tous les bénéficiaires à un bon entretien des vaches. Il leur rappelle que suite à la chaîne de solidarité, ils ne peuvent aucunement s’approprier ces bêtes.

Un effectif d’environ 4mille vaches sera atteint dans la foulée de ce transfert de la 3eme génération des plus de 1500 vaches distribuées dans la province de Ngozi depuis 2014 par le PRODEFI I.