Le développement de la filière riz vers la destination finale grâce aux financements du FIDA

Le gouvernement du Burundi via son Programme de Développement des Filières (PRODEFI) financé par le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) s’active dans la valorisation des produits de la filière rizicole. Deux mini rizeries, l’une située dans la commune Gashikanwa de la province Ngozi et l’autre dans la commune Muzinda de la province Bubanza sont déjà fonctionnelles. La 3ème est en cours de construction dans la commune Buhiga de la province Karusi.

 Le PRODEFI ne cesse de se donner à fonds pour valoriser les produits de la filière rizicole au Burundi. Plusieurs travaux ont été réalisés dans ce secteur, a indiqué Pierre Ndikumagenge, responsable de la valorisation de la production agricole et d’élevage au PRODEFI, lundi le 23 septembre 2019. Ce sont entre autres l’aménagement/la réhabilitation des marais et des plaines, l’intensification de la riziculture dans les marais, la formation et l’encadrement des usagers des marais sur les bonnes pratiques agricoles notamment le système de riziculture intensif et la mise en place des coopératives des producteurs du riz. Selon Ndikumagenge, l’étape suivante a été les formations sur la gestion, la transformation et la commercialisation du riz et de ses dérivés en faveur des membres des coopératives. En ce qui est de la transformation, le PRODEFI a commencé par la mise en place de petites unités de transformation. Malgré tous ces efforts, ce programme n’a été satisfait ni du rendement, ni de la qualité du riz issu de ces unités de transformation. Il n’a pas été démotivé car, par la suite, quatre décortiqueuses améliorées d’une capacité de production de ± 500 kg de riz paddy par heure ont été installées.

Néanmoins, il a trouvé que même si le riz issu de ces unités est de bonne qualité, il n’est pas compétitif au niveau national ou régional alors que la destination finale d’une filière est le marché d’écoulement. «C’est ainsi que nous avons mené une étude pour la mise en place des mini rizeries d’une capacité de 2 tonnes de riz blanc par heure», révèle Ndikumagenge. Une telle capacité suppose une capacité de transformation de 3 à 4 tonnes de riz paddy.

Deux mini rizeries opérationnelles

 

«Nous avons déjà installé  deux mini rizeries. La 1ère  est implantée dans la commune Gashikanwa de la province Ngozi. La 2ème  est installée dans la commune Muzinda de la province Bubanza. La 3ème est en cours de construction dans la commune Buhiga de la province Karusi», indique-t-il. On a eu recours à cette technologie parce qu’elle présente beaucoup d’avantages. Le 1er est qu’elle transforme quantité importante de riz et garantit la qualité. Elle élimine les déchets pendant le processus de la transformation. Tous les déchets solides sont éliminés (les pièces des métaux, les pierres, la poussière…).

 Les riziculteurs seront-ils à mesure de continuer à développer la filière riz ?

« Nous sommes rassurés ! Même si le PRODEFI se retirait maintenant, les riziculteurs seront capables de continuer à développer la filière riz », fait remarquer Ndikumagenge.   Selon lui, toutes les conditions sont réunies. Les riziculteurs sont autonomes dans l’approvisionnement des intrants, à titre indicatif, les multiplicateurs de semences sont des riziculteurs membres des coopératives. Ils ont été formés par le PRODEFI et sont en contact direct avec l’Institut des Sciences Agronomiques du Burundi (ISABU) et la Faculté de Bio-ingénierie (FABI). Chaque fois qu’il y a une nouvelle variété mise en place, c’est à eux de la multiplier et de la vendre aux producteurs. Pour la gestion des infrastructures, il fait savoir que tous les usagers des marais sont formés. Ils doivent veiller à l’entretien de toutes les infrastructures. Les producteurs de riz sont organisés en coopératives pour essayer de trouver des solutions aux problèmes relatifs à la production et à la commercialisation du riz. Pour garantir la pérennité des coopératives rizicoles, le PRODEFI a promu le partenariat public- privé –producteur, concrétisé par l’union des coopératives qui gère la mini rizerie de Gashikanwa qui est une entité qui comprend les acteurs de tous les maillons de la chaine. Chacun a sa part de responsabilité et son rôle à jouer. « Faire travailler ensemble les acteurs des filières, c’est l’une des clés de la croissance économique et de durabilité ». Conclut-il. Le bâtiment qui abrite la mini rizerie de Gashikanwa a coûté 90 millions de FBu. Les équipements de cette mini rizerie ont été achetés à 100 mille USD.

  Les bénéficiaires s’en réjouissent

 Claver Bucumi, président de l’union des coopératives AKEZAKARIGURA est ravi de la mise en place de la mini rizerie implantée à Gashikanwa. Il remercie vivement le PRODEFI qui a pensé à cette bonne initiative. La mini rizerie de Gashikanwa dénommée « Union des coopératives AKEZAKARIGURA » est composée de 774 riziculteurs et de commerçants du riz qui sont réunis dans 21 coopératives. Cette mini rizerie contribue à la création d’emplois. Douze personnes y travaillent à temps plein et  trente autres à temps partiel. Selon Bucumi, à part la mini rizerie, c’est grâce au PRODEFI que les agriculteurs ont appris les bonnes pratiques agricoles. Aujourd’hui, ils ont augmenté le rendement du riz. « Auparavant, on ne récoltait que 1 tonne de riz sur un ha. Actuellement, la tendance a été inversée. Sur un ha, on récolte 6 tonnes. Bucumi est ravi du fait que l’union des coopératives qu’il représente travaille avec les banques. » Il précise que la Banque de Crédit de Bujumbura’’BCB’’ leur a octroyé un crédit de 100 millions de FBu cette année 2019 pour cultiver le riz. Il précise que l’union des coopératives AKEZAKARIGURA a un chiffre d’affaires de 138 millions de FBu.